Walk the Line
Véritable légende aux Etats-Unis, Johnny Cash n’a jamais bénéficié, de ce côté-ci de l’atlantique, du culte que d’aucuns lui vouent là-bas. Et pourtant, comme l’illustre parfaitement Walk the line, ce n’est pas faute d’avoir contribué à façonner le rock’n’roll des origines au même titre qu’Elvis, Jerry Lee Lewis, Roy Orbison et Carl Perkins. Peut-être parce qu’il est plus facilement rattaché à la grande famille de la country music qu’à celle du rock et que, dans notre pays, la country reste une musique réservée à quelques marginaux (même sil leur nombre augmente un peu plus chaque année). A part pour quelques aficionados, Johnny Cash reste, au mieux, un outlaw dont on ignore tout dans nos contrées. C’est pourquoi, le film de James Mangold pouvait fort légitimement combler un vide que Ray, le film hommage à Ray Charles sorti l’an dernier et auquel il est, fort logiquement, le plus comparé, avait eu du mal à combler tant la vie de Ray Charles tenait plus de la culture générale pour nous français qui avions adopté le genius depuis fort longtemps. Le film conçu comme un énorme flashback démarre (et donc s’achève) en 1968 : année où fut enregistré le concert emblématique qu’il donnât en prison et qui, à l’époque, battît des records de vente se hissant à la hauteur des Beatles dans les hits parade. Exit donc les années 90 durant lesquels l’homme en noir a pourtant effectué un véritable come-back sous la houlette du meilleur producteur de rock, Rick Rubin (Tom Petty, Red hot chili peppers…). Le film se concentre sur les années Sun, la rencontre avec Sam Philips et surtout la relation houleuse que Cash entretient avec June Carter. Porté par la musique (on sort de là avec une forte envie de ré-écouter tout Cash) et l’interprétation irréprochable et certainement oscarisable de Joaquim Phoenix et Reese Whiterspoon, le film remplit honorablement son contrat sans pourtant jamais parvenir à émouvoir véritablement. Un peu comme si on tournait les pages d’un livre de papier glacé. Du coup, on préfèrera s’acheter quelques disques de Cash plutôt que le DVD du film dans quelques mois.