Falling in Between tour :Cure de jouvence pour Toto

Publié le par sonic boom


Ci-dessus : Steve "guitar hero" Lukather en 2006

Un rideau aux couleurs du dernier disque - orange et rouge - tendu devant la scène et qui tombe lorsque retentissent les premières notes de Falling in Between le morceau par lequel le groupe a décidé d’attaquer ses nouveaux concerts : classique et terriblement efficace.  Passé le choc de ne pas retrouver David Paich sur scène (Lukather nous expliquera un peu plus tard que ce dernier, retenu par des problèmes personnels, est resté aux states : santé, famille… nous n’en saurons pas plus mais un communiqué publié par Paich lui-même sur le site officiel du groupe nous apprend que sa sœur est gravement malade), il faut se rendre à l’évidence : comme à son habitude, le groupe n’a pas besoin de longtemps pour se régler, le son est parfait (un fait qui mérite ici d’être largement signalé tant cette patinoire en a déjà découragé plus d’un) et les morceaux s’enchaînent naturellement. Déterminés à défendre leur dernier disque comme pour se prouver à eux-mêmes qu’ils en ont encore sous la pédale, Toto démarre la soirée avec trois extraits de Falling in Between avant de revenir à des titres plus classiques. Et quels classiques !! Bousculant volontairement ses habitudes le groupe joue Hold The line et Rosanna dans la première partie du concert alors que ces titres étaient souvent joués en rappel. Intro décalée pour Rosanna qui s’offre ainsi un lifting réussi sans pour autant supprimer le célébrissime riff de batterie qui caractérise si bien le morceau. Comme à chaque nouvelle tournée, il y a, chez les membres du groupe, une volonté de se renouveler, de faire plaisir à son public en allant exhumer quelques titres oubliés de leur répertoire ou en jouant les plus connus dans des versions alternatives. Et ça marche !! Les fans de longue date comme les plus jeunes y trouvent leur compte. Pour ce concert bordelais, aucun album, ou presque, ne sera oublié (Hydra, Turn Back, Isolation – cité plusieurs fois – seventh one, Tambu, Mindfields, Farenheit…) : le groupe se fait plaisir et le public avec lui. Intégré dans les concerts depuis le début des années 90, le set unplugged qui intervient à l’issue du premier tiers du concert permet à chaque musicien de déployer ses talents respectifs. Sur ce plan d’ailleurs, chacun, à tour de rôle, s’offrira un moment solo avec le public. Pur instant de vaine démonstration diront les plus critiques, ceux qui ne voient dans ce groupe qu’un ramassis de requins de studio, déclaration d’amour à leur instrument et au public, pourrait-on répondre, tant la maîtrise ne l’emporte jamais ici sur l’émotion et la créativité. Si, à ce petit jeu, Lukather se taille la part du lion, Greg Phillinganes nouvellement arrivé et seul clavier sur scène en l’absence de Paich, emporte l’adhésion du public par son jeu très « soul » (ça n’est pas un hasard s’il a joué à l’âge de 20 ans sur le mythique Songs in the key… de Stevie Wonder) et Simon Phillips dont le jeu, au fil des années, a perdu en technicité pour gagner en humanité et se hisser, désormais, au niveau de l’irremplaçable Jeff Porcaro. Le solo de batterie de Phillips offre d’ailleurs au groupe l’occasion de se livrer à une digression instrumentale autour du thème d’Hydra. Lister les moments forts de la soirée serait inutile tellement le niveau d’ensemble était élevé. Home of the Brave et Africa sont venues conclure un concert particulièrement réussi pour un groupe désormais vieux de 30 ans mais qui se comporte comme s’il défendait son premier album.
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Publié dans musique

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