David Gilmour : une nuit à l'Olympia

Publié le par sonic boom


Maintenue en vie de façon artificielle depuis un peu plus de 20 ans par Gilmour-Wright et Mason, la musique de Pink Floyd en a objectivement déçu plus d’un depuis le départ de Roger Waters. Et pourtant, même si le génie qui caractérisait les albums du groupe semble avoir aujourd’hui cruellement disparu pour toujours, le public répond régulièrement présent à chaque rendez-vous fixé par le groupe ou ses ex-leaders. Peut-être parce qu’avant de signer quelques-uns des plus célèbres albums de l’Histoire, les Pink Floyd ont construit leur réputation sur leurs performances scéniques. Aussi, quand bien même faut-il supporter les morceaux un peu poussifs de Division Bell ou Momentary lapse of reason, les spectateurs sont encore prêts à payer le prix fort dans l’espoir d’aller admirer et surtout entendre quelques splendeurs d’antan. Et c’est bien ainsi que la majorité des spectateurs a dû aborder cette soirée à l’Olympia. Rassuré par la qualité du nouveau disque de Gilmour, On an Island, supérieur à tout ce qu’a fait le Floyd sans Waters, le public n’en espérait pas moins quelques classiques du groupe dont on sait depuis la dernière tournée de l’ex-guitariste du Floyd qu’ils constituent l’essentiel de son répertoire scénique. De ce point de vue, le concert, avec ses deux parties bien distinctes – l’une consacrée au nouveau disque, l’autre au répertoire « classique » - pouvait littéralement se vivre en deux temps : comme l’exprimait avec humour l’un de mes voisins durant l’entracte en parlant de la prestation du groupe « C’est toujours mieux qu’une première partie !! ». On ne pouvait pas dire mieux. D’autant plus que durant cette première partie, le public s’est vu gratifié d’un Great Gig in the Sky inséré entre deux titres du nouvel album et rendu possible par la présence, ce soir-là dans la capitale, de Sam Brown (attendue un peu plus tard sur une autre scène parisienne aux côtés de Jools Holland). Véritable cadeau offert au public de l’Olympia, chanté ex-nihilo par Sam Brown, Great Gig…, même lorsqu’il est sorti de son contexte, réussit à faire naître quelques frissons le long de l’échine. Malgré quelques problèmes de voix (Gilmour n’est décidément pas un « natural-born-singer »), ce qu’a donné à voir le groupe durant ce premier set (excellent notamment sur Take a Breath pourtant pas l’un des sommets du nouvel album) permettait d’attendre sereinement le second set. De retour sur scène seul à la guitare pour l’entame de la seconde partie Gilmour fait plaisir à tout le monde en attaquant l’intro de Shine on your crazy diamond. Une intro qu’il rejouera deux fois pour réparer un problème de larsen venu perturber le bon déroulement du morceau. Nouveau bonus pour le public l’intro est jouée deux fois mais pas de façon identique ! La suite permet d’entendre quelques raretés dont une, magnifique, tirée de More puis quelques morceaux beaucoup plus dispensables comme Wearing The Inside Out de l'album Division Bell chantée en grande partie par Richard Wright (particulièrement gâté par le public parisien à l’applaudimètre). Breathe et Time de Dark Side of the moon viennent compléter le Great Gig de la première partie… pour nous faire patienter jusqu’au grand moment de cette soirée, celui qui permet de classer ce concert parmi les grands moments live d’une vie : l’interprétation intégrale d’Echoes.

Et là, à l’instar du concert de Brian Wilson jouant Smile, dans ce même Olympia, le public sait qu’il vit un moment E-X-C-E-P-T-I-O-N-N-E-L. En entendant le groupe dérouler toutes les subtilités de ce morceau légendaire, on comprend qu’en est en train d’écouter une pièce majeure de l’Histoire de la musique rock, un pur chef d’œuvre au même titre que Tommy des Who ou la face B d’Abbey Road des Beatles. La Standing ovation qui suit est à la hauteur de l’instant purement magique que viennent de vivre les spectateurs de l’Olympia. Le groupe quitte la salle et revient pour un rappel digne de ce qui vient de se jouer. Le concert se termine sur Wish you Were Here et Confortably numb. Inégal parce qu’alternant classiques et morceaux plus anecdotiques, ce concert avait quand même l’étoffe des grands concerts : c'est déjà énorme. 


En photo ci-dessus, la belle Sam Brown venue chanter The Great Gig in the Sky

Publicité

Publié dans Cinéma

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
A
De l’ineptie de la critique.<br /> J’ai donc été voir Gilmour à l’Olympia et une critique du concert me paraît complètement inutile. Non pas que je sois fainéant, mais pourquoi chercher à influencer un public qui n’écoute que lui-même ? Si je devais faire une analyse objective du show mon compte rendu ne serait guère original. <br /> En effet qui occupait les 2000 places de l’Olympia le jeudi 16 mars ? Des fans ! Des fans qui n’ont pas regardé à la dépense (si ce n’est pas un cadeau), des fans qui ont été rusés et rapides pour acheter le précieux billet (merci à Sonic Boom & à Bigoudi – il se reconnaîtra). Gilmour en solo est rare, on ne se pointe pas par hasard, il y a forcément préméditation. Vu la difficulté d’obtenir un billet et considérant la moyenne d’âge du public, Gilmour à moins d’une énorme contre performance, a donc le public dans sa poche. <br /> Le fan a déjà pris connaissance de la track liste de la tournée (parfois malgré lui) il connaît les morceaux joués la veille au Grand Rex, il sait qu’il devra patienter avant le plat de résistance. Alors certes On a Island a été joué dans toute sa longueur et l’album possède quelques bons moments, mais pourquoi comparer avec l’incomparable ? Le fan ne retient lui que la surprise de Sam Brown, interprétant The Great Gig In The Sky … un imprévu fort émouvant. Le fan est donc là pour écouter Gilmour jouer du Floyd, et ça David l’a très bien fait, avec mention particulière pour Echoes. Nous avons eu droit à une interprétation grandiose d’un morceau qui n’avait pas été joué sur scène depuis 1988 ! <br /> Dans son ensemble le public « olympique » semblait très content de sa soirée. Je suis moi aussi ressorti du concert avec le sourire, peu importe que les raisons ne soient pas uniquement liées à la prestation de ce soir. Les choix musicaux faits il y a 25 ans sont toujours aussi pertinents, au tour de Waters de nous confirmer cela. <br /> <br />
Répondre
S
Bien vu. Pour waters comme pour Gilmour la ruse et la rapidité feront la différence pour l'obtention du précieux ticket...
A
Demandez le programme:<br /> <br /> set #1 : <br /> Castellorizon<br /> On An Island<br /> The Blue<br /> The Great Gig In The Sky<br /> Red Sky At Night<br /> This Heaven<br /> Then I Close My Eyes<br /> Smile<br /> Take A Breath<br /> A Pocketful Of Stones<br /> Where We Start<br /> <br /> set #2 : <br /> Shine On You Crazy Diamond <br /> Wot's... Uh The Deal <br /> Wearing The Inside Out <br /> Fat Old Sun<br /> Breathe <br /> Time <br /> Breathe Reprise <br /> High Hopes <br /> Echoes <br /> <br /> Encores : <br /> Wish You Were Here <br /> Comfortably Numb<br /> <br />
Répondre