La Doublure : aux suivants !!
Tenter une critique de La Doublure de Francis Veber serait presque faire trop d’honneur à un tel navet. Un film qui s’apparente, au mieux, à un enterrement de 1ère classe de François Pignon personnage devenu presqu’aussi célèbre, dans son genre (la comédie), que James Bond pour le cinéma d’action. Un label à lui tout seul. Un personnage qui répond à un cahier des charges bien défini. Le modèle de référence date d’il y a plus de 20 ans et permet encore de se détendre les zygomatiques lors de ses diffusions télévisées : La chèvre réunissait Pierre Richard (inimitable Pignon) et Gérard Depardieu pour un résultat qui, à l’aune de La Doublure, frôle le génie. Après deux films en demi-teinte Le Placard et Tais-toi, Veber confirme, sans qu'aucun doute ne soit désormais permis, qu’il n’a plus rien d’incontournable dans l’univers de la comédie française. La faute à qui ? A lui principalement qui a voulu renouveler un concept qui avait pourtant brillamment fonctionné jusqu’au Dîner de cons (Lermitte et Villeret en train de se renvoyer la balle autour de "juste Leblanc", ça vaut de l'or!). A Gad Elmaleh également qui cherche inutilement à rendre moins con un personnage qui ne demande pas mieux que de l’être. Son Pignon est un gentil naïf introverti qui finit par trouver l’amour en bout de course ; en français on appelle ça un «hors sujet». Pour donner une idée du désastre auquel on assiste ici il faut préciser qu’au-delà de la trahison légitime que peut ressentir le spectateur qui réalise qu’on lui a volé le Pignon qu’il est venu voir, le film échoue avant tout sur le plan artistique. Le montage est baclé, le film sans rythme et l'ensemble souvent mal joué. La coutume consiste parfois à dire que "cela ferait un bon film du dimanche soir" (comprendre un objet filmique familial qui permet de se détendre avant de reprendre la semaine). La Doublure ne mérite même pas une programmation de 3ème partie de soirée un vendredi. On s'ennuie ferme et ce ne sont pas les charmes d'Alice Taglioni ou Viriginie Ledoyen qui y changeront quelque chose. Même à la télé le film ne fera pas longtemps illusion. Après l’échec des Bronzés (artistique à défaut d'être public), on se dit avec une certaine nostalgie qu’il est grand temps de tirer un trait (pour ne pas dire tirer la chasse) sur toute une page du cinéma comique français. Un cinéma de papa dont on attend avec impatience la relève !!