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Mercredi 30 mai 2007

Effet cannois garanti, aller au cinéma en mai procure bien souvent des plaisirs comme on n’en rencontre que trop peu durant le reste de l’année. Zodiac de Fincher cette semaine, Le boulevard de la mort de Tarantino, les amateurs de cinéma US peuvent se réjouir.

 

Fini les égarements de ces dernières semaines rencontrés ici ou là, comme évoqué dans un précédent post où il était question de Next et de Lucky You, films au style boursouflé ; sorte de caricatures de ce que les américains peuvent faire de pire. Le temps d’un film, Fincher, inégal depuis ses débuts  - Alien 3 prometteur, Seven, visionnaire, Fight club inspiré avant le ratage de Panic Room – donne ici le meilleur de lui-même. Capable durant les 140 mn que dure Zodiac de « s’effacer » derrière son sujet pour mieux le servir comme seuls les plus grands en sont capable.

 

S’appuyant sur un casting solide, Fincher distille des émotions rares et généralement réservées à la littérature. Réussissant là où De Palma a quelque peu échoué il y a quelques mois avec Ellroy, il réussit à saisir toute la complexité propre aux meilleurs récits policiers. Et on se surprend à se délecter de ce temps qui semble suspendre son vol (le film dure quand même près de 140 mn) pour laisser les zones d’ombres de l’enquête envahir l’écran et bousculer toutes les certitudes des 3 enquêteurs que sont le cartooniste du S.F. Chronicle, Robert Graysmith, (Jake Gyllenhall déjà aperçu et déjà excellent dans le non moins excellent Donnie Darko), Paul Avery (Robert Downey jr souvent capable du meilleur), journaliste dans le même quotidien et Dave Toschi (Mark Ruffalo) le seul flic à s’accrocher suffisamment longtemps à l’enquête sans péter totalement les plombs mais non sans y laisser quelques plumes.   

 

Avery et Graysmith déchiffrent les signes du Zodiac

On sort de là avec le sentiment d’avoir vu un film comme on n’en voit pas 100 et c’est déjà si rare qu’il y a lieu de s’en féliciter. Et intelligemment réalisé avec ça. Bref, que demande le peuple ?

 

Du cul, du cul, du cul lui répondrait les (bientôt) ex-sbires de la boîte à con. Une formule à laquelle s’essaye Tarantino dans les dialogues plutôt crus de son dernier opus, Deathproof, film au casting essentiellement féminin et par conséquent aux formes plutôt très arrondies.

 

La meilleure scène du film : un meurtre par voiture interposée (à couper le souffler et le reste aussi...)

Inutile d’y aller par 4 chemins ou de tourner autour du pot, ce nouvel essai du maître n’est pas, loin s’en faut, à la hauteur du génie qu’il est (a été ?). Inutilement bavard (un comble pour quelqu’un qui nous a si souvent régalé de dialogues qu’on aimait se passer et se repasser à l’infini), sans queue ni tête, sans performance véritable de la part des acteurs (à l’exception notable du Kurt Russel, irréprochable), le film ne doit son salut qu’à une B.O. quasi parfaite (mais c’est le moins que l’on puisse espérer de Q.T.) ainsi qu’à 3 ou 4 scènes qui resteront dans les annales (une scène de lapdance bien envoyée, une scène grandiose de meurtre à la voiture – c’est le terme qui convient le mieux – et une poursuite finale bien menée façon Russ Meyer les nichons en moins. Au final ça fait peu après l’orgie cinéphilique à laquelle nous avions été conviés avec Kill Bill 1&2. Seul espoir pour Deathproof : devenir un film phare des vidéoclubs et accompagner quelques soirées potaches arrosées à la bière entre ados en mal de sensations. On ne dira pas plus de mal de cette pelloche tout de même bien hallucinée et qui n’est essentiellement mauvaise qu’à l’aune du talent de son auteur. D’autres se contenterait bien d’un tel film.

Par sonic boom - Publié dans : Cinéma
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