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Dimanche 15 janvier 2006

A force de trop tirer sur la corde elle finit toujours par lâcher. C’est ce qu’on serait tenté de dire en voyant les soi-disant malheurs de l’industrie musicale aux prises avec l’hydre du net et ses légions de logiciels de peer-to-peer qui rendent caduque, jusqu’à présent, toutes les tentatives pour empêcher les internautes mélomanes de copier des disques. Menacée une première fois au début des années 80 (et pas seulement par la médiocrité générale), les multinationales du disque s’en étaient tirées de justesse en proposant aux acheteurs que nous étions un produit inaltérable doté d’un son impeccable : le compact disc ! Pris de cours les consommateurs du monde entier jugèrent le produit suffisamment rentable pour consentir à racheter leur discothèque et ainsi offrir un nouvel âge d’or à une industrie plus florissante que jamais. Quelques esprits chagrins avaient, à l’époque, pleuré sur la disparition du vynil regrettant déjà les craquements soudainement devenus chaleureux des microsillons. Avec le CD on uniformisait le son et on faisait passer au second plan l’emballage. Fini les œuvres d’art que constituaient certaines pochettes de disque. Ainsi réduites (12 X 12cm), elles ont fini par toutes se ressembler. C’est cette uniformisation du son et de la forme et l’augmentation régulière du prix des disques - sans parler de l’ultime arnaque qu’ont constitué les rééditions sans fin du même disque (Hendrix illustrant parfaitement ce propos son live à Woodstock ayant dû sortir un nombre incalculable de fois avec à chaque fois le sentiment de tenir enfin l’édition définitive !!) - qui ont rendu possible l’apparition du marché de libre échange que constitue le téléchargement sur internet. Alors qu’il était cent fois préférable de posséder l’original à la copie quand on utilisait une K7 vierge pour dupliquer, l’apparition des graveurs de cd puis du MP3 et enfin la libéralisation du net a tout fait voler en éclat. Pour une fois l’industrie musicale a été prise de vitesse par la technologie galopante. Difficile aujourd’hui d’imaginer qu’elle refera facilement son retard. Plutôt que de s’en remettre à la loi et aux députés (mêmes eux lui tournent le dos!!), elle ferait mieux de proposer aux internautes le téléchargement gratuit mais limité dans le temps. Un fan achètera toujours le disque de son idole mais pour gagner un nouveau public, les artistes et leurs maisons de disque devraient admettre (surtout au prix actuel d’un cd) que la découverte se doit d’être gratuite. Au bout de 6 mois on demanderait alors à l’internaute de faire le choix entre acheter tout ou partie du produit qu’on lui enverrait ensuite à domicile avec un packaging personnalisé et adapté à son désir. Faute de quoi les titres téléchargés mais non gravables sans paiement préalable s'autodétruiraient irrémédiablement (je suis sûr qu'avec un peu de courage et de bonne volonté c'est faisable techniquement). Ainsi, par exemple, au lieu de choisir de payer pour 17 titres d’un album on en garderait 8 de son choix avec en sus la pochette et un pressage professionnel. C’est en personnalisant la relation avec l’acheteur devenu aujourd’hui libre de fabriquer lui-même son propre produit que les multinationales du disque pourront faire cesser le pillage. En attendant, continuez à aller voir les artistes sur scène, la musique live c'est directement du producteur au consommateur!!
D'ici là, Keep on downloading!!

Par sonic boom - Publié dans : billet d'humeur
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Commentaires

Je t'ai à l'oeil, Sonic Boom.
Bravo quand même pour le site. Cécilia adore !
Commentaire n°1 posté par Nicolas Sarkozy le 19/01/2006 à 22h05
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