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Avant-propos



Bonjour à toi ô visiteur inconnu...

... Et bienvenue!

Quelques mots peut-être, en guise d'accueil, pour excuser par avance l'impudeur qui prévaut à la création de ce blog (comme à celle de tout blog?) et justifier que je dévoile ainsi sur la toile mes coups de coeur et mes coups de gueule.

Il faut dire avant toute chose que pour bon nombre de fans de rock (et de cinéma) l'adolescence est une période qui semble ne devoir jamais vraiment finir. Enfin, pour certains d'entre eux... pour moi en tout cas.

Il faut dire également que tout le monde n'a pas la chance d'exercer un travail  qui lui permet de partager ses passions avec les autres... Quoique? Sans être journaliste à Rock & Folk, un enseignant ou un artisan, fans de rock, pourront toujours faire passer un peu d'eux-mêmes dans leur relation à autrui mais ça ne sera jamais assez - en revanche, cela risque d'être plus délicat , dans le cadre de son travail, pour, au hasard, un contrôleur des impôts mais, après tout, à chacun sa croix!

Il faut dire enfin que le cercle de mes amis se diluant de plus en plus au fil des ans (chacun partant faire sa vie ailleurs... là où il doit), il est plutôt rassurant, hier comme aujourd'hui, de pouvoir trouver sa tribu fût-elle virtuelle. La mienne, chaleureuse et fan du boss, vit à cette adresse http://tramps-like-us.com/ et je vous la recommande vivement.

On trouvera donc sur ce blog, pêle-mêle, une trace de tous les concerts auxquels j'ai assisté, des films qui m'ont marqué durablement (rubrique Mon Panthéon), des liens pour découvrir les sites qui me plaisent le plus, des critiques des livres, des disques et des films que j'ai aimés ou pas ces derniers mois, etc.

Plaisirs souvent solitaires mais, paradoxalement, partagés par des milliers voire des millions, l'écoute d'un disque, la lecture d'un livre, la vision d'un film ou la participation à un concert permettent souvent de se redéfinir soi-même au regard des autres. N'hésitez donc pas à me faire part de vos commentaires. C'est fait pour ça!!

En tout cas, merci pour votre visite et à bientôt j'espère...

Sonic
Jeudi 10 août 2006

Un an à peine après la palme d’or attribuée à Michael Moore pour son pamphlet anti-bush, Fahrenheit 9/11, le cinéma européen se penche à son tour sur ce mal qui semble ronger les dirigeants de nos pays. Dans la ligne de mire : Silvio Berlusconi, sujet principal du dernier film de Nanni Moretti, le Caïman et Jacques Chirac, figure centrale du film satirique de Karl Zero, Dans la peau de Jacques Chirac.

 Le Caïman et Dans la peau de Jacques Chirac

Signe des temps, le Caïman et Dans la peau de Jacques Chirac sont avant tout le reflet de pays qui doutent de leurs leaders. Des chefs d’état qui partagent de nombreux points commun : Berlusconi comme Chirac se sont tous les deux servis de leur pouvoir pour s’enrichir personnellement et échapper à des peines de prison certaines. Mais la comparaison s’arrête là. Autant les personnages dépeints par chacun des deux films se ressemblent beaucoup autant les films diffèrent. Humour parfois grossier qui s’appuie sur des archives télévisuelles augmentées d’une voix-off imitant Chirac façon les guignols de l’info, le film de Karl Zero divertit sans jamais convaincre. Certes les contradictions du personnage Chirac apparaissent au grand jour mais le film ne peut s’empêcher de lui trouver sinon des circonstances atténuantes au moins quelques excuses. La démarche de Moretti est aux antipodes de celle-ci : politiquement moins ambiguë, elle est avant tout citoyenne. Plus qu’une prise de conscience (celle-ci a dû avoir lieu il y a déjà bien longtemps), on sent chez Moretti l’urgence d’agir. Guidé par son instinct et un sens véritable du devoir Moretti est d’autant plus efficace dans sa croisade anti-Berlusconi qu’il est sincère (tout l’inverse d’un Michael Moore). Il affiche ses certitudes comme ses doutes. A travers les pérégrinations de son personnage principal, un producteur un peu loser qui s’accroche désespérément au scénario qu’une jeune idéaliste a conçu pour dénoncer l’imposture berlusconienne, le film expose ouvertement les doutes de son auteur. « A quoi bon ? » se demande certainement Moretti. Le combat n’est-il pas perdu d’avance ? L’Italie, comme subjuguée par Berlusconi, ne semble pas vouloir s’en débarrasser. Au contraire, pour un peu elle en redemanderait. Il n’empêche, Moretti, lui, n’en veut plus et termine son film sur des images qui renvoient aux pires heures du fascisme appelant ainsi un chat un chat et qualifiant Berlusconi pour ce qu’il est : une racaille de la pire espèce. Sans être une réussite artistique de grande valeur, le film s’offre quelques instants de grâce qui renouent avec les grandes heures du meilleur du cinéma italien. Et puis ne boudons pas notre plaisir, Moretti est certainement l’un des derniers grands du cinéma transalpin et son film se situe naturellement au-dessus de la moyenne. 

 

 Cars et Dikkenek

Il y a deux façons d’aborder chaque nouveau film des studios Pixar : la première consiste à se dire qu’ils ne feront jamais mieux que Toy Story et que Buzz et Woody resteront à jamais leurs meilleurs personnages ; la seconde permet d’attendre la suite avec confiance en se disant qu’on peut préférer The incredibles à Cars ou Toy Story à Monster Inc. mais que dans tous les cas Pixar garde une telle avance sur la concurrence dans le secteur de l’animation qu’il faut savoir ne pas bouder son plaisir et profiter des dernières trouvailles de John Lasseter et de son équipe. Une chose est certaine le renouvellement est toujours une valeur d’actualité pour le studio. Après avoir donné vie aux jouets et revisité l’univers des super héros, cette fois-ci ce sont les voitures qui sont à l’honneur avant de s’attaquer aux aventures d’un rat gourmet vivant dans les égoûts de Paris (c’est une tradition, le sujet – et les premières images – du prochain Pixar sont toujours dévoilés à l’occasion de la sortie de nouvel opus : prévu pour noël 2007, celui-ci s’appellera Ratatouille). Bref, plutôt que de se reposer sur une formule qui marche et exploiter le filon, Lasseter préfère prendre des risques quitte à laisser une partie de son public au bord du chemin. Au final, Cars ne possède peut-être pas les charmes et les qualités de ses illustres prédécesseurs, il innove et divertit suffisamment pour emporter le morceau. A l’instar du « héros» promis à un ennui mortel lorsqu’il se voit condamné à passer plusieurs jours dans une petite bourgade au milieu de nulle part dans l’ouest américain, le spectateur qui doute de l’intérêt d’un tel film – quand bien même serait-il d’animation – finit par se laisser prendre au charme et ne peut que se féliciter, une fois encore, de l’intelligence de ce qui nous est donné à voir. Une sorte de bon goût qui fait mouche à chaque fois : les chansons (composées pour une grande partie par Randy Newman), les trouvailles visuelles (les montagnes qui remplissent normalement monument valley ont toutes la forme de cylindrées plus ou moins fameuses), la capacité à rendre sympathique les personnages du film sans jamais verser dans la démagogie façon disney – une mention spéciale ici à un vieux tacot un peu cinglé, le choix des voix qui donnent vie aux différentes voitures du film (là encore, la subtilité façon Pixar l’emporte avec Paul Newman qui prête sa voix à un bolide rangé des courses qui va reprendre du service au contact du rookie qui débarque en ville – clin d’œil à peine appuyé à l’un de ses plus célèbres personnages, celui de la couleur de l’argent). Bref, on ressort de Cars sans avoir eu un véritable coup de cœur mais avec la satisfaction d’avoir vu un bon film. Et comme on le dit parfois sur ce blog, c’est déjà pas si mal.

 

Le cinéma belge est souvent surprenant. D’abord parce qu’il affiche une étonnante et jouissive vitalité ensuite et surtout parce qu’il semble ignorer les limites du bon goût. Il y a quelques années maintenant, C’est arrivé près de chez vous avait fait l’effet d’une bombe auprès d’une grande partie des spectateurs. En déconcertant plus d’un lorsqu’il ne heurtait les âmes sensibles au point de faire sortir de la salle les moins préparés à affronter un Benoît Poelvoorde alors au sommet de son art. Aucune raison de quitter la salle à la vision de Dikkenek mais plusieurs occasions d’être plus ou moins choqué par la férocité de certains dialogues ou de certaines situations. Il faut dire que nous n’avons pas à faire à la crème du genre humain. Voleurs, vulgaires, violents, plus ou moins portés vers les perversions sexuelles, les personnages du film ne constituent pas ce qu’on pourrait appeler la crème du genre humain. En attendant on rit énormément aux tribulations du couple de losers formé par Dominique Pinon et Jean-Luc Couchard. On rit d’autant plus que l’on comprend vite que le film ne respectera aucune règle particulière qu’il s’agisse de la narration, de la réalisation ou du jeu des acteurs. On pardonne donc d’autant plus aisément les imperfections de ce film qui fait souffler une véritable vent de liberté sur un cinéma de plus en plus sage et conformiste ces derniers mois. L’humour belge a encore frappé et c’est tant mieux.

Par sonic boom - Publié dans : Cinéma
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Jeudi 10 août 2006

It was twenty years ago…

 

 

1986. Le genre de date qui passerait facilement inaperçue dans les dictionnaires de l’histoire du rock. Et pourtant s’il fallait se souvenir d’un cru plutôt que d’un autre dans cette décennie maudite ce pourrait être celui-ci. La même année (et j’en oublie certainement) : Graceland de Paul Simon, So de Peter Gabriel et le quintuple live 75/85 du boss. Pas si mal, non ? Le premier ouvre la voie à ce qu’on appelle depuis la world music et donne un éclairage aussi subtil qu’efficace à la situation en Afrique du Sud ; le second est un pic dans une carrière qui en compte pourtant déjà plusieurs ; le troisième fait la somme de plus de 10 ans de certains des meilleurs concerts de l’histoire du rock et jette les bases d’un avenir pour Bruce Springsteen et son E Street Band. Réécouter ces trois disques à l’occasion de cet été 2006 c’est réaliser à quel point les grands disques ne vieillissent jamais et combien ceux-ci furent importants. Pour toute une génération dont je fais partie comme pour ces artistes eux-mêmes : Paul Simon et Peter Gabriel n’ont certainement jamais fait mieux depuis même s’ils ont accouché de plusieurs chefs d’œuvre depuis; le boss a su en revanche se renouveler et emmener sa carrière vers de nouveaux horizons livrant, de-ci de-là, quelques disques majeurs (The Ghost of Tom Joad, Live in NYC, The Seegers Sessions…). Si vous avez le temps cet été, faîtes un test : remettez ces albums dans votre platine cd ou votre autoradio et écoutez. Tout simplement. Enjoy !

 

Par sonic boom - Publié dans : musique
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Jeudi 10 août 2006

De mémoire de fan de rock, l’été a toujours été plus ou moins synonyme de « grands » concerts… Un peu comme si les artistes se passaient le mot pour se produire sur scène entre le 15 juin et le 15 juillet. Généralement sur Paris mais, ces dernières années, de plus en plus en province à l’occasion de festivals qui ont su se faire une place au soleil certains d’attirer quelques grosses pointures. Propice aux rassemblements en plein air, la saison permet de réunir des foules importantes là où le cœur vous en dit : stades de foot, champs de foire ou, pour ce qui nous concerne, grand prix de F1 et arènes romaines. Encore mieux que les jeux du cirque !! Pourtant, depuis quelques temps, à l’exception du titanesque concert du boss au stade de France en 2003, l’été ne rimait plus avec grand chose. Hasard des calendriers (il arrive que l’on préfère confirmer ses vacances à l’autre bout de la terre plutôt que de tout annuler pour assister à un concert des Stones…) ou faiblesse de la programmation, farniente et crème à bronzer semblaient l’emporter sur les décibels. Et là, coup sur coup, ou presque : Roger Waters, The Who et Roger Hodgson !! D’autant plus incroyable que de mon côté, à l’exception du concert de l’ex-leader du floyd, rien n’était planifié.

 

Annoncé il y a plusieurs mois le concert de Roger Waters à Magny-cours le 14 juillet à l’occasion du Grand Prix de France de Formule 1 avait de quoi inquiéter dans un premier temps. Pas d’album à promouvoir, aucune raison valable de partir en tournée à part pour damer le pion à David Gilmour et son On an Island tour, l’ancien bassiste du floyd se devait d’assurer. L’entame de Tony Joe white (seul avec un musicien sur scène pour jouer du blues : excellent !!) puis de Laurent Voulzy (forcément hors sujet bien que particulièrement pro) ne permettaient pas de donner le ton de la soirée. Tout au mieux de faire patienter avec talent (TJW) ou de faire passer l’orage (le concert de Voulzy s’est en grande partie joué sous la pluie).

 

Sublimé par une sono réellement quadriphonique et parfaitement réglée dès les premières mesures, « ein, zwei, drei... », d’In the Flesh, le concert de Waters a permis durant plus de 2h30 de toucher du doigt ce que devait être un concert du floyd de la grand époque : spatial, puissant, novateur. En véritable homme de scène (bien plus qu’un Gilmour), Waters, comme pour prouver à son public qu’il est et qu’il demeure la part la moins négligeable du flamand rose, a livré un show parfait de bout en bout. Setlist idéale augmentée d’un titre inédit, lightshow efficace sans être indigeste, images et films projetés derrière les musiciens créés uniquement pour la tournée. Dans une première partie, Waters, visiblement heureux d’être là, revisite assez longuement les grands albums du Floyd à l’exception de Dark Side qui sera joué intégralement en deuxième partie. A chaque fois ou presque, il joue plusieurs titres de chacun d’eux. The Wall tout d’abord : album le plus abondamment cité du concert et sur lequel il reviendra longuement en rappel, dans la dernière ligne droite du show. La force de l’interprétation des titres joués ce soir-là – 6 au total tout de même !! : In the Flesh, Mother, Another Brick in the wall, part.3, Vera, Bring the boys back home, comfortably numb - permet même de rêver qu’un jour Waters s’offre une tournée exclusivement consacrée à l’album. Set the control of the heart the sun vient rappeler les premières heures du groupe. Suit un long hommage à Syd Barret disparu en début de semaine avec 3 titres de Wish you were here (shine on you crazy diamond, have a cigar et wish you were here) puis c’est au tour de Final Cut de revivre. 2 titres sont joués  qui réhabilitent pleinement un album boudé par les fans lors de sa sortie : Southampton Dock et The Fletcher Memorial Home. Perfect sense extrait d’Amused to Deat mais surtout Leaving Beirut, un morceau inédit en prise directe avec l’actualité viennent rappeler avec force que Roger Waters, depuis plus de 20 ans maintenant, c’est une carrière solo plutôt réussie, en plus de l’héritage du Floyd.  Dédiée à George Bush et Tony Blair, la chanson augmentée d’un clip réalisé pour l’occasion fait mouche au niveau des paroles sans toutefois posséder une mélodie renversante. Il y a cependant fort à parier que si Waters l’enregistre en studio le résultat sera de toute beauté. A suivre… Vient alors l’heure de conclure de conclure le 1er set. Waters, comme à Bercy en 2002, s’autorise un crochet par Animals et Sheep doté d’un riff de guitare imparable. Le groupe fait alors un break avant de revenir jouer l’intégralité de Dark Side… Les battements de cœur résonnent durablement dans toute la plaine de Magny-cours et Speak to me donne le coup d’envoi d’un véritable son et lumière de 3/4 d’heure. La qualité de la sono atteint des sommets sur l’intro de time puis, un peu plus tard, sur Brain damage. Cerise sur la gâteau, l’interprétation de The Great Gig in The Sky, certainement le morceau le plus casse gueule du disque à jouer, est sublime. Interprété par l’une des 3 choristes, le morceau scotche tout le monde sur place. Waters, humblement ou intelligemment (c’est selon) ne chante que très peu. Il assure la basse et le lien avec le public. L’album original laissait la part belle au chant de David Gilmour ici remplacé par les différents membres du groupe avec une certaine réussite à l’exception d’Us & Them où le début du morceau cafouille un peu. En bout de course, c’est bien Waters au chant qui apporte la touche finale à ce grand moment de musique en entonnant Eclipse et son refrain : Everything under the sun is in tune... Les rappels font la part belle à The Wall et à des effets pyrotechniques du meilleur effet. Les lumières se rallument… the show is over. Après avoir célébré la prise de la bastille à sa manière en composant Ca ira avec son ami Roda Gil, Waters a fait de ce jour de fête nationale un jour de fête de la musique.

 
votre serviteur et deux amis
(voir également le témoignage "vidéo" dans le post "Waters capturé live")

Deux jours plus tard, à peine remis de mes émotions, j’achète le Rock & Folk de l’été avec… le Floyd en couv ‘! Et là, avant d’attaquer le dossier consacré aux Floyd, je tombe sur une chronique du concert donné par les Who à Leeds quelques jours plus tôt. Le groupe a l’air en forme et les vieux se portent bien : McCartney et le boss ont sorti de très bonnes galettes cette année, Gilmour et Waters ont fait de belles tournées; Je suis à 200km de Vienne où le groupe joue le lendemain. Ultime vérification : il reste des places; c’est décidé, j’y serai !

Vienne : ses embouteillages en bordure de Rhône, son théâtre antique. Un théâtre qui vit au rythme de toutes les musiques durant les mois d’été. Le jazz début juillet, le rock et son festival « les côtes du rock » dont les Who font, cette année, l’ouverture puis, plus tard dans le mois, l’événement avec un concert unique de David Gilmour.

 

A peine arrivé dans la fosse, le temps que les premières parties s’avancent, je discute longuement avec mon voisin. Il a un tee-shirt estampillé « Waters / Magny-cours ». Le monde du rock est petit et nos avis convergent : Waters était en très grande forme. Les premières parties se succèdent. L’un des groupes à l’affiche est une émanation de The Jam (sans Paul Weller cependant). C’est pas mal, typiquement british mais très vite oublié. La nuit s’avance et Pete Townsend monte sur scène. Et là, trois jours à peine après la claque de Magny-cours, re-claque : en deux accords, un riff imparable, la messe est dite. Pete Townshend, Roger Daltrey, John Bundrick au Piano, Pino Palladino à la basse et le digne successeur de Keith Moon à la batterie, le fils de Ringo le beatle, Zak Starkey. … bref les Who en 2006 en ont encore sous la pédale. Ils attaquent le concert sur les chapeaux de roue. Jusqu’à un certain point, c’est sûr, l’âge ne compte pas. Le talent et, dans le cas de Townsend, le génie font la différence. La voix de Daltrey a beau ne pas toujours être à son meilleur, Townsend a beau être sourd comme un pot, le groupe livre d’emblée 5 morceaux d’anthologie : I Can't Explain, The Seeker, Anyway Anyhow Anywhere, Who Are You, Behind Blue Eyes. Dans la fosse, ça saute, ça chante et, pour les plus jeunes (à vue d’œil quelques-uns sont encore en quête de majorité), ça pogotte. Il faut dire que la puissance de frappe de Zak Starkey alliée aux riffs de Pete Townsend déménagent. Plus de 40 ans après leurs débuts et malgré toutes les épreuves que le groupe a traversé (décès de Keith Moon et John Entwistle), les Who ont su garder intacte cette sauvagerie qui les a rendu célèbres auprès des punks à la fin des seventies. Un détour par du matériel plus récent mais tout aussi pertinent, Real Good Looking Boy, comme pour prouver à ceux qui douteraient que le groupe n’a pas encore rendu les armes. Que les Who, au même titre que les Rolling Stones, sont bien plus qu’un vestige du passé. Seuls grands survivants des groupes des années 60 avec les pierres qui roulent, ils semblent avoir retrouver la flamme qui leur a tant fait défaut durant les années 80/90. Greyhound Girl vient rappeler quel chef d’oeuvre encore plus grand (le plus grand de tous ?) aurait pu être Who’s next s’il n’avait pas fini dans la forme simple que l’on connaît mais sous la forme du double inachevé et maudit : Lifehouse. Le Smile des Beach Boys version Townsend. Décidément très en confiance et surtout ravi d’être là (et, ma foi, cette joie m’arracherait presque des larmes : ce mec est d’une humilité et d’une simplicité rare pour quelqu’un qui a pondu tant de joyaux, joué aux côtés d’Hendrix, tutoyé les plus grands…c’est bô !), Townsend présente l’album Wire & Glass, mini opéra à paraître cet automne et dont des titres sont déjà disponibles sur le net. Un disque sur sa jeunesse à Londres dans les fifties, en extrait un morceau qui s’appelle Mike Post Theme et qui parle de l’influence qu’a eu Elvis sur leur musique avec une citation musicale de Can’t Help falling in love. Durant la dizaine de minute que dure le morceau, Townsend enfile un casque désireux d’apporter le plus grand soin à sa nouvelle œuvre. Moins sauvage que certains morceaux phares du groupe, la chanson laisse néanmoins espérer un bon disque. Inespéré il y a encore quelques mois !!

 

Baba O'Riley et sa boucle hypnotique nous ramène 35 ans en arrière. Interprétation sans faute de ce chef d’œuvre, moulinets et sauts de Townsend en prime. Petite baisse de régime ensuite mais pas de décrochage sérieux : Naked Eye, Relay, You Better You Bet remplissent leur mission mais n’atteignent certainement pas ce qui a précédé ni ce qui va suivre. Car la fin du concert s’apparente à un best of du best of. Le meilleur des Who en quelques morceaux : My Generation et Won't Get Fooled Again. Deux chansons en forme de rouleau compresseur pour conclure le 1er set avant de revenir pour un rappel de longue durée. Ca redémarre par Substitute avant d’offrir un long détour par Tommy à un public ravi : Pinball Wizard, Amazing Journey, Sparks, See Me Feel Me comme à la grande époque ! Au final un concert d’un peu moins de 2 heures mais quel concert !! Qu’on se le dise : les Who sont de retour.

 

Townsend heureux de retrouver son public

Les choses auraient pu en rester là mais le principe du jamais deux sans trois n’aurait pas pu s’appliquer. De passage par une fnac quelques jours plus tard, j’aperçois au rayon billetterie une sorte d’affiche improbable annonçant un Tennis-concert-Arena avec en guest Leconte et Wilander à la raquette et… Roger Hodgson LA voix de Supertramp le 27 juillet aux arènes de Béziers ?? Ca tombe bien mes vacances doivent se prolonger du coté de Montpellier. Aucun besoin d’une carte de France pour deviner qu’il y a peut-être un coup à jouer. Renseignement pris sur le coût d’une place et le concept (30 euros pour voir Hodgson à partir de 22h à l’issue du Tennis). Ca laisse même le temps de prendre tranquille l’apéro ! Le jour dit je suis donc devant une scène installée le long d’un cours de tennis. Les joueurs ont fini leur partie et mis à part un Steinway et un keyboard Korg ainsi que 2 pieds de micros, la scène est déserte. Le seul problème est que la fosse l’est tout autant ou presque. Nous sommes une trentaine maximum regroupés devant le micro, le reste du public ayant préféré rester assis dans les tribunes des arènes malgré des appels répétés du speaker pour tenter de convaincre un maximum de personnes de se déplacer pour faire honneur à l’ancienne star qu’est Hodgson. J’avoue être partagé entre le délice de faire partie des happy fews et la honte d’accueillir ainsi un gars qui a quand même vendu plusieurs millions de disques. Mes craintes se dissipent rapidement : non seulement Hodgson n’en prend pas ombrage mais après avoir relevé avec humour qu’il avait à faire à une « intimate crowd », il entame le concert par Give a little Bit seul à la guitare puis s’assied au piano pour jouer take the long way home. La voix est intacte, peut-être même encore plus belle qu’à la grande époque du groupe. Une grande partie du public réalise peut-être à cet instant que cette musique qu’il entend fait partie de la bande-son de tous les jours. Qui n’a pas entendu au moins une fois dans sa vie un morceau de Supertramp ! Du coup, le public rapplique d’abord un peu puis massivement pour faire de cette soirée un moment d’exception. Une sorte de concert privé. De mon côté, je savoure chaque chanson. Pour avoir vu quelques fois le groupe sans Hodgson il y a quelques années (20 ans déjà !), je prends vite conscience qu’Hodgson n’était pas seulement la voix et/ou le piano des super-clodos, il en était l’âme. Même si son look a de quoi faire rire ou sourire, l’humanité de ses textes et de sa musique est contagieuse. En pleine possession de ses moyens, il se fait plaisir et fait plaisir à ses quelques fans qui ont fait le déplacement parfois depuis assez loin (quelques espagnols sont là) en leur demandant de choisir pour lui les chansons qu’il va jouer. Et là, contrairement à ces concerts où l’artiste invite le public à piocher dans son répertoire mais sait déjà la chanson qu’il va jouer ensuite, Hodgson se laisse guider par les premiers rangs. Rosie crie l’un des spectateurs (extraite d’Indelibly Stamped) et Hodgson s’exécute. Idem après avoir joué l’entame de l’album Crisis What Crisis : easy does it (sifflé par le public) et Sister moonshine ; quelqu’un réclame The meaning et l’obtient aussitôt. Accompagné d’un saxophoniste, Roger Hodgson présente un répertoire retravaillé pour ces versions solos. La musique de Supertramp semble miraculeusement moins lourde qu’elle ne l’est parfois devenue au fil des années : elle est tout simplement vivante. Elle vit avec et en Roger Hodgson. Deux titres solos : Lovers in the wind, splendide ballade, extraite de son excellent 1er disque solo, in the eye of the storm et un inédit, Oh Brother sonnent plus supertramp que tous les supertramp qui ont suivi son depart. S’appuyant essentiellement sur un répertoire extrait de Breakfast in america, crisis, even in the quietest moments et famous last words hodgson va jouer pour notre plus grand bonheur : hide in your shell, the logical song, dreamer, it’s raining again, don’t leave me now, two of us, school, breakfast in America, lord is it mine (qu’il présente comme sa préférée de Supertramp). Le public, conquis à la force du poignet, chante les refrains. Le concert se termine et le temps reprend son cours. Il avait suspendu sa course durant 1 h 40. Two thumbs up comme disent parfois les critiques anglo-saxons. Chapeau bas l’artiste.

Roger Hodgson en solo à Béziers

Par sonic boom - Publié dans : musique
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Dimanche 2 juillet 2006


Usure du temps, lassitude, déprime passagère, overdose de décibels … ? Avec les années qui passent il est parfois difficile de retrouver l’enthousiasme qui a pu accompagner l’écoute de certains disques qui sont allés trouver une place légitime sur les étagères de ma discothèque. Si on excepte les artistes confirmés comme Bruce ou McCartney il est de plus en plus difficile de se prendre une claque monumentale à l’écoute d’un disque. Raison de plus pour savoir reconnaître un bon disque de rock d’un simple coup de cœur passager. Un de ces disques qu’on aura chaque fois un peu plus de plaisir à écouter.

 

Ces derniers mois il en est tout de même sorti quelques uns. A commencer par l’album casse-gueule par excellence : Arcadium Stadium des RHCP. Alors que le groupe avait réussi jusqu’à présent à miraculeusement se renouveler avec des albums qui se ressemblaient pourtant de plus en plus, voilà qu’il sort un double disque qui creuse un peu plus encore le même sillon. N’empêche que le miracle se produit une fois de plus. Sans révolutionner leur fond de commerce, les Red Hot arrivent à balancer une série de pépites à faire oublier les classiques précédents qu’étaient Californication et give it away. Album patchwork comme tout double qui se respecte, Stadium arcadium donne à entendre parmi les plus belles balades du groupe sans que le disque ne se départisse un seul instant de l’énergie propre aux Red Hot. On n’y croyait pas, ils l’ont fait. Chapeau bas.

 

D’ailleurs dans le genre « on n’y croyait pas » on retiendra également le retour en grâce inespéré de Primal Scream. Ca s’appelle Riot City Blues et comme son titre l’indique ça pète le feu. Groupe revival s’il en est, les Primal Scream, après des expériences plutôt foirées du côté de l’électro reviennent à leur premiers amours : les stones, le MC5… Ca s’entend et une seule écoute suffit pour adopter l’album. De la super série B idéale pour prendre la route des vacances.

 

Même chose pour le premier album de The raconteurs groupe alternatif de Jack White. Toujours aussi prolixe le leader des White Stripes livre un disque beaucoup plus pop que ceux qu’ils réservent pour ses aventures avec sa vraie-fausse sœur Meg. Bien sûr le disque ne possède pas ce parfum de nouveauté qui fait des White Stripes les leaders de leur génération n’empêche que The raconteurs a beaucoup à dire et qu’il y a fort à parier que le groupe a un bel avenir devant lui. Tout sauf la danseuse d’un génie en mal d’inspiration, ce disque est au contraire la preuve que Jack White a du talent à revendre pour deux.

Par sonic boom - Publié dans : musique
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Mercredi 14 juin 2006

X men 3 de Brett Ratner

L’épisode 2 nous avait un peu laissé sur notre faim… Construit sur un tempo identique au 1er épisode, le film de Bryan Singer n’avait pas su trouver cet élan supplémentaire qui l’aurait transformé en pur film d’action. Pour autant le réalisateur du cultissime Usual Suspects n’avait rien à se reprocher; c’est plutôt du côté du scénario qu’il fallait chercher l’erreur. A l’exception de la disparition finale du personnage de Jean Grey, X Men 2 n’arrivait jamais à créer une tension dramatique suffisante. L’annonce du remplacement de Singer (parti s’occuper de Superman Returns) par Brett Ratner réalisateur de Rush Hour 1 & 2 n’était pas faite pour rassurer les fans. Et pourtant le choix des producteurs s’avère judicieux. X men 3 est une réussite ne serait-ce que parce qu’il offre enfin ce que tout le monde attendait depuis longtemps à savoir l’affrontement épique des mutants entre eux. Résultat, ce troisième épisode ne se pose pas de questions et fonce à 100 à l’heure. X men 3 regorge de moments spectaculaires comme cette scène au cours de laquelle le pont de San Francisco est téléporté sur plusieurs kilomètres pour servir de rampe de débarquement à une armée de mutants bien décidés à en découdre. Le film a des allures de film de guerre avec dans le rôle des soldats des mutants dotés de superpouvoirs. On ne révèlera rien ici des pertes enregistrées par les deux camps mais dire qu’elles sont conséquentes en dit suffisamment long sur le choix des producteurs de la série de sacrifier autant de personnages qu’il fallait pour faire de ce troisième opus une véritable réussite. Bien sûr il ne s’agit en aucun cas du meilleur film de tous les temps mais dans le genre pop-corn movie on tient là l’une des réussites de l’année. Et puis ce n’est pas si souvent que les films de super héros sont si réussis.
 
M.I.3 de J.J. Abrams

Le monde est décidément mal fait. Alors que M.I.2. avait battu des records d’audience, M.I.3 marque un léger tassement des entrées. Et pourtant, sans égaler le brio d’un De Palma, J.J. Abrams retrouve l’esprit qui convient à la série. En débutant son film par une scène qui déstabilise d’entrée le spectateur, il place la duperie au cœur de son intrigue : tout le monde trompe tout le monde. Du coup, le film parvient à capter l’attention du spectateur qui se retrouve à plusieurs reprises scotché à son siège grâce à une réalisation musclée et de nombreuses scènes filmées caméra au poing (on réalise que le Spielberg de la Guerre des Mondes a déjà fait des émules à commencer par Tom Cruise). A l’exception d’un final d’une niaiserie navrante, M.I.3 remplit le cahier des charges de la série et divertit intelligemment le spectateur venu se payer une bonne tranche d’évasion.

Par sonic boom - Publié dans : Cinéma
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